Les ralentisseurs sont-ils les ennemis des motards ?

Dos d’âne, ralentisseurs trapézoïdaux, coussin berlinois… Il existe différentes sortes de ralentisseurs en France et ils sont de plus en plus nombreux dans nos agglomérations. Depuis les années 90 beaucoup de maires ont souhaité les utiliser dans leur commune afin de réduire la vitesse et donc d’améliorer la sécurité de chacun. Bien que soumis à une réglementation très précise beaucoup de ralentisseurs ne respectent pas totalement les normes en vigueur et souffrent d’un manque d’entretien ce qui les rend dangereux, particulièrement pour les motards.

Qu’est-ce qu’un ralentisseur aux normes ?

Un ralentisseur doit être placé en agglomération dans des zones où la vitesse maximale autorisée est limitée à 30km/h. Ils doivent respecter une réglementation stricte au niveau de leur forme ainsi que de leur signalisation.

Pour être plus précis nous distinguerons deux types de ralentisseurs : les dos d’ânes et les ralentisseurs trapézoïdaux.

Le dos d’âne :

Un dos d’âne est un ralentisseur ayant des bords circulaires et respectant les dimensions suivantes :

dos-d-ane-dimension

La saillie d’attaque doit être inférieure ou égale à 0.005 mètre. Il ne peut pas comporter de passage piéton et doit être signalé à son approche.

Le ralentisseur Trapézoïdal :

Souvent placés à proximité des écoles, les ralentisseurs trapézoïdaux sont composés d’un plateau et de deux rampants :

ralentisseur-trapezoidaux-dimension

La saillie d’attaque doit être égale ou inférieure à 0.005 mètre. Il peut comporter un passage piéton au niveau du plateau et doit également être signalé à son approche.

Pour respecter parfaitement la loi, un ralentisseur doit donc respecter ces formats mais doit aussi être placé au bon endroit. En effet, il est interdit de placer un ralentisseur dans les endroits suivants :

  • Routes où le trafic est supérieur à 3 000 véhicules en moyenne par jour
  • Voies à grande circulation dont le trafic de poids-lourds est supérieur à 300 véhicules en moyenne par jour.
  • Sur des voies consacrées au dépôt de personnes (transports publiques)
  • Sur des voies desservant des centres de secours
  • A moins de 200 mètres d’une route limitée à 70 km/h
  • Sur une route dont la pente est supérieure à 4%
  • Dans les virages (dont le rayon est inférieur à 200 mètres)
  • Sur ou dans un ouvrage d’art
Constat : 1 ralentisseur sur 3 n’est pas aux normes

Une enquête a été menée en France sur près de 300 dos d’âne et ralentisseurs trapézoïdaux, malheureusement le résultat est loin d’être satisfaisant : environ 1/3 des ralentisseurs ne respecteraient pas la législation française, parmi lesquels :

  • 32% ne sont pas signalés
  • 22% sont implantés sur des zones interdites
  • 18% ne respectent pas les dimensions légales

Les ralentisseurs sont eux-mêmes soumis à une réglementation stricte pour de bonnes raisons. Si ces derniers ne les respectent pas ils deviennent des menaces, plus particulièrement pour les motards. Pour preuve en 2014 dans l’Hérault, deux motards nous ont quittés suite à une déstabilisation de leur moto à l’approche d’un ralentisseur.

Nos conseils pour franchir un ralentisseur 

Franchir un ralentisseur semble être extrêmement simple cependant ces derniers peuvent parfois vous réserver des surprises. Si vous ne vous sentez pas toujours à l’aise à l’approche d’un ralentisseur nous vous conseillons de suivre ces quelques instructions :

  • A l’approche d’un ralentisseur évitez tout freinage important car la zone est souvent glissante.
  • Maintenez votre allure à la vitesse autorisée et regardez bien devant vous.
  • Pensez à passer le rapport supérieur pour éviter que le frein moteur ne vous ralentisse brusquement
  • Prenez une position confortable en appui sur les repose-pieds et décollez même vos fesses de la selle si nécessaire
Le ralentisseur du futur sera-t-il aux normes ?

De plus en plus de discussions s’orientent autour d’un ralentisseur producteur d’énergies.

ralentisseur innovation electricite

C’est l’entreprise Underground Power qui a vu dans le ralentisseur une source d’énergie potentielle. Une voiture ralentissant de 50 à 20 km/h perd près de 20 Wh d’énergie qu’il est possible de récupérer. En exploitant la décélération des voitures, cette technologie pourrait produire une quantité d’énergie non négligeable, à voir s’ils pourront respecter les normes françaises afin de ne plus être un danger pour les motards.